Quand l'épreuve est entrée chez moi,
d'abord, je l'ai bien mal reçue.
Je lui ai dit qu'elle s'était trompée de vie.
Qu'elle ne pouvait pas s'installer chez moi
sans m'avoir demandé mon avis.
Et je n'en finissais plus de lui dire:
«Pourquoi ? Pourquoi moi ?
Pourquoi maintenant ?»
Elle m'a répondu: «Détrompe-toi !
Je n'arrive pas pour rien !
Je n'arrive pas les mains vides !
Calme-toi ! Écoute-moi !
J'ai un secret pour toi.»
Mais, je refusais de l'écouter.
Quand l'épreuve est arrivée chez moi,
j'ai voulu me dérober, me cacher, m'enfuir,
j'ai voulu lui suggérer une autre adresse,
l'adresse de quelqu'un qui,
selon moi, ne méritait que ça...
Et je ne cessais de lui dire:
«Pourquoi ? Pourquoi moi ?
Pourquoi maintenant ?»
Elle m'a répondu: «Tu n'as rien compris !
Je suis déjà entrée chez toi et
je suis là pour rester.
Je ne viens pas pour rien,
J'ai du nouveau pour toi.
J'ai un secret pour toi.
Pourquoi ne m'accueilles-tu pas ?»
Alors, voyant que ma révolte
ne me menait nulle part,
j'ai ramassé tout ce que j'avais
du courage et de l'énergie.
J'ai parlé à des amis...
J'ai cherché du soutien et de l'aide
et puis, je lui ai dit:
«Voilà: c'est maintenant...
C'est maintenant que je veux
connaître ton secret».
Sa réponse se fit attendre...
Puis, un jour que je me trouvais
dans un lieu de calme et de réflexion,
l'épreuve m'a parlé... Elle m'a dit:
«Tu veux connaître mon secret»
Le voici: Il y a deux personnes en toi:
la FORTE et la FAIBLE...
«La FAIBLE : Elle achève son travail.
Elle a paniqué. Elle a tenté de fuir.
Elle a questionné. Elle s'est même révoltée.
Elle a donné des grands coups
de c½ur dans le vide.
Elle a creusé de son mieux
l'abîme de la désespérance.
Mais, elle est en train de perdre la bataille. »
« La FORTE : Elle est en train de naître.
Déjà elle se tient debout.
Elle regarde par en avant.
Elle est réceptive du meilleur
qui s'annonce pour toi.
Elle cherche sereinement les vraies solutions.
Elle t'apporte de nouvelles valeurs.
Elle te fait vivre autrement.
J'ai besoin de la personne FORTE qui est en toi,
je ne viens pas pour rien.
J'apporte des richesses avec moi.
À cause de moi, tu auras une nouvelle vie.
Plusieurs, même, ne te reconnaîtront plus. »
J'avoue que ce secret m'a apaisé.
J'ai senti que je pouvais encore grandir.
J'ai senti que je pouvais encore servir.
J'ai senti qu'une sève de printemps
circulait dans mes veines.
Qu'un être nouveau était en train
de naître dans le lit de ma douleur.
Une vie nouvelle naît toujours d'une ouverture,
d'une déchirure, d'une souffrance.
Et depuis ce jour, je porte ma croix,
une croix que je n'ai pas choisie
mais qui, je le vois, m'enrichit.
Quand je pense aux épreuves de ma vie passée,
je découvre qu'elles m'ont beaucoup apporté.
Pourquoi alors l'épreuve d'aujourd'hui
ne m'apporterait-elle pas aussi des fruits?